16.5.08


Los pensadores y el sexo

La revista Lire de este mes ha venido con un especial sobre Filosofía y sexo donde se revisa las relaciones entre los grandes pensadores occidentales y ese importante aspecto de nuestra vida. Históricamente los filósofos han sido objeto de sospechas por, supuestamente, tener una sexualidad, como decirlo… problemática… Esto, entre otras cosas, desde que Diógenes el cínico soliera masturbarse en público en los albores de la antigua Grecia, pasando por la afición juvenil al sexo “fácil” de San Agustín, o por la llamativa preferencia por parte de algunos connotados pensadores modernos, por parejas que fueran sus alumnos y/o asistentes. (además, parece que mucha gente cree todavía que la reflexión afectaría la performance sexual).

Lire incluye en este atractivo número un listado de textos donde se hace referencia al concepto de sexo o sexualidad en algunos de los pensadores y escritores más importantes de la historia (Deleuze-Guatari, Sade, Nietzsche, Freud, entre otros), de donde extraigo la parte correspondiente a Jacques Lacan -escrita por Alain Rubens-, en la cual se plantea por qué el encuentro sexual es para el autor de Encore fundamentalmente un desencuentro:

La fusion impossible entre les deux sexes

La sexualité n'est pas une partie de plaisir. On est même fondé à dire que c'est un chemin périlleux. D'abord, le sexe anatomique, exhibé ou perçu, ne fournit aucune garantie, ni l'indication la mieux assurée quant à notre identité sexuelle. Il vaut mieux parler de «sexuation», autrement dit d'identification. Plus familièrement, ce n'est pas le zizi qui fait l'homme, c'est son identification, plus ou moins réussie, à l'image du père. Les jeux ne sont pas davantage faits pour la femme.
Ce que Lacan nomme le «savoir authentique du psychanalyste» se condense, notamment, dans cette proposition aussi paradoxale que provocatrice: «Il n'y a pas de rapport sexuel.» Les amants pensent qu'ils s'aiment, se complètent et que tout culmine dans la fusion, dans l'Un. Mais comme le souligne Lacan dans son séminaire intitulé Encore: «Chacun sait, bien sûr, que ce n'est jamais arrivé entre deux qu'ils ne fassent qu'Un. [...] C'est de là que part l'idée de l'amour.» C'est la différence des sexes, leur hétérogénéité radicale qui interdit toute complémentarité. Ce qui le manifeste en creux, avec le plus de clarté, c'est l'exigence torturante de réciprocité qui fait, toujours, cortège à l'amour. Sois comme moi, donne m'en autant que je t'en donne, aime-moi comme je t'aime, se disent, en un contrepoint continu et nécessairement déçu, les amoureux. Ou dans une formule plus incarnée du psychanalyste: «[...] l'amour, s'il est vrai qu'il a rapport avec l'Un, ne fait jamais sortir quiconque de soi-même.» Cette quête de certitude, quant à l'autre, se mue en fantasme ravageur sous la forme de la jalousie et de la paranoïa qui ne sont rien d'autre que du totalitarisme sentimental. Donc, il n'y a pas, stricto sensu, de rapports entre les deux sexes. Lacan aimait citer ces vers d'Antoine Tudal:

Entre el hombre y el amor


Está la mujer


Entre el hombre y la mujer


Hay un mundo


Entre el hombre y el mundo


Hay un muro.

(Traducción libre.)

(Jacques Lacan. Portada de Lire.)

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Límbicas

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