24.8.13

RICHARD FORD ENTREVISTADO EN "LE NOUVEL OBSERVATEUR"

Uno de mis escritores en lengua inglesa favoritos, Richard Ford, acaba de ser entrevistado en Le Nouvel Observateur. Por ahora reposteo la entrevista en su idioma original y prometo traducir pronto algunas respuestas que están muy sugestivas.





--Comment travaillez-vous pour construire physiquement et psychiquement vos personnages ?

J'accumule beaucoup de notes sur leur apparence physique mais aussi sur ce qu'ils pourraient dire. Pour moi, la préparation est tout.

--Ce n'est pas frustrant de passer des années à gamberger sans avoir la possibilité de vérifier que les choix sont les bons ?

Non, c'est le meilleur moment. Pour moi, c'est réellement amusant.

--Et, un beau jour, vous vous sentez prêt ?

C'est exactement comme ça que ça se passe, oui. Je passe des mois et des mois à mon bureau, à rassembler des éléments et à prendre des notes, et un jour je me dis: «Voyons si on ne pourrait pas démarrer quelque chose.»

--La première phrase («D'abord, je vais raconter le hold-up que nos parents ont commis»), vous l'avez trouvée ce jour-là ?

J'aurais bien aimé. Quand le livre est sorti aux Etats-Unis, un journaliste m'a demandé si c'est par cette phrase que j'avais commencé le roman. J'ai dit : «Absolument», et ma femme Kristina a dit : «Pas du tout !» Elle avait raison, mais j'avais fini par croire que ça s'était passé ainsi... J'ai tourné les mots dans tous les sens pendant trois semaines avant d'arriver à trouver la bonne phrase.

--Vous écrivez difficilement ?

Non. Les gens sont toujours étonnés quand je leur dis que rien, dans l'écriture d'un roman, n'est difficile. Mais c'est vrai. Pour moi, ça ne l'est pas. J'aimerais pouvoir me faire plaindre, dire à quel point c'est laborieux. Si un poète ou un romancier vous tient ce discours, surveillez votre portefeuille parce que tout ce qu'il veut, c'est vous soutirer de l'argent !

--Qu'est-ce qui fait qu'une phrase est bonne à vos yeux ?
La bonne phrase, c'est une phrase qui a un rythme spécifique, des verbes bien choisis, et du sens. Ce n'est pas faire rentrer un personnage dans une pièce et l'en faire sortir à la phrase suivante. Un écrivain n'est pas un déménageur. Ce n'est pas ajouter une description inutile à une autre. Non pas que toutes choses doivent être intéressantes. Mais chaque élément doit être à sa place - chaque mot, chaque virgule, chaque silence.

[…]

--Vous aviez commencé à écrire le roman il y a très longtemps ?

J'avais écrit un texte d'une vingtaine de pages qui s'appelait «Canada». Je l'avais fourré dans une enveloppe et mis au réfrigérateur - c'est là que je stocke mes textes en projet. Et, de temps à autre, j'écrivais une note et la fourrais dans l'enveloppe. Dans mon frigo, j'ai quatre nouvelles terminées, que je n'ai pas encore révisées. Je ne sais pas ce qu'elles valent. Et des tonnes de notes. Quand j'écris quelque chose que je ne crois pas être assez bon, c'est comme ça que je fais.

--L'Amérique que vous décrivez n'a rien à voir avec les Etats-Unis d'aujourd'hui. La grande différence, c'est que la surveillance n'existait pas. C'est un paradis perdu ?

Oui, on pouvait entrer dans une banque et commettre un hold-up sans être filmé ! Ou franchir une frontière avec un enfant kidnappé sans que personne n'y trouve rien à redire... Aujourd'hui, les choses ont en effet beaucoup changé. Et les gens sont furieux. Tout le monde est en colère aux Etats-Unis. En colère après le gouvernement, après le rythme de la vie qui est devenu infernal, après la course effrénée à l'argent, après la restriction des libertés individuelles. En colère parce que nous faisons la guerre à des pays avec lesquels nous devrions être en paix. Ceux qui sont pour le port d'arme sont furieux après ceux qui sont contre, et vice versa. En vérité, l'Amérique est dans la merde.

[…]

--Et Obama ?
Nous avions mis beaucoup d'espoir dans la présidence Obama, mais c'est un être humain. Il fait ce qu'il peut, mais il ne peut pas grand-chose. La disparité entre riches et pauvres s'accentue. C'est une situation écœurante, rendue plus écœurante encore parce qu'Obama est président. Si nous avions un sale type comme Bush, un idiot, ça ne nous surprendrait pas. Obama n'est pas un idiot, c'est un type bien. Il pourrait faire en sorte que les choses s'améliorent. C'est une grande frustration pour tous ceux qui, comme moi, ont pensé qu'il était un magicien.


Propos recueillis par Didier Jacob

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